Quoi faire en Colombie – Un itinéraire de Bogotá à Santa Marta

Dans mon article de la semaine dernière, je vous ai fait part de mon point de vue sur la sécurité de voyager par soi-même en Colombie. Maintenant qu’on a couvert ce sujet, on peut aujourd’hui se concentrer sur la panoplie d’endroits à visiter et de choses à expérimenter dans ce magnifique pays.

La Colombie est composée de cinq régions aux géographies et aux climats très variés. Il y a la côte Caraïbes au nord, la côté Pacifique à l’ouest, les Andes au centre dont font parties les villes de Bogotá et de Medellín, la région du fleuve Orénoque à l’est et l’Amazonie au sud. La plupart des activités touristiques se concentrent au nord de la capitale et plus souvent qu’autrement, les visiteurs suivent un trajet de Bogotá vers Santa Marta ou l’inverse. Voici donc une liste non-exhaustive de ce que vous pouvez faire en Colombie, basée sur notre itinéraire de voyage.

Bogotá

Notre visite de la capitale colombienne a débuté bien malgré nous dans un trajet d’autobus sans fin. Avec le peu de mots dont je disposais en espagnol, j’ai demandé au chauffeur de nous indiquer où descendre pour se rendre au quartier touristique La Candelaria. Après un certain temps à bord, l’allure coloniale des bâtiments nous entourant commençait à nous faire croire que le centre historique n’était plus très loin, mais nous attendions son signal pour sortir. L’autobus se vidait tranquillement jusqu’à ce qu’il ne reste que deux étudiants et nous. Au moment de stationner le véhicule au terminus, le chauffeur a aperçu nos visages perplexes dans son rétroviseur et s’est tapé la main sur la tête. À ce moment-là, nous n’avions pas besoin de comprendre l’espagnol pour savoir qu’il nous avait oubliés. Ce tour d’autobus, plus long que prévu, nous a au moins permis de traverser la ville au complet et de voir différents quartiers où nous ne serions pas allés autrement.

Le lendemain matin, nous avons commencé notre découverte de Bogotá par un free walking tour qui nous a fait découvrir l’essentiel du quartier La Candelaria, comme la place Bolívar, la cathédrale, le palais de justice, le congrès et le palais présidentiel. Ce tour comprenait également des dégustations de fruits exotiques, d’une boisson traditionnelle des Andes faite à partir de maïs fermenté appelée chicha (ça goûte moins pire que ça en a l’air), de tisane de feuilles de coca et de café colombien.

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Art de rue à Bogotá

L’après-midi nous sommes partis à conquête d’un autre incontournable de Bogotá, Monserrate. La montagne, nommée après celle du même nom en Espagne, surplombe la ville aux côtés de sa voisine, Guadalupe. Points de repère omniprésents dans la ville, vedettes d’anciennes légendes indigènes, les deux géantes semblent veiller sur les habitants de la région depuis toujours. Pour accéder au sommet, trois options s’offrent aux visiteurs; monter à bord du funiculaire, prendre le téléférique ou encore monter les 1500 marches à pieds. Pour ma part, j’ai choisi la solution de paresseuse, conservant ainsi toutes mes énergies pour l’étape finale de mon voyage, un trek de quatre jours dans la jungle que j’entamerais une semaine plus tard. Une fois en haut, l’impressionnante vue permet d’admirer la vaste étendue de la ville autour.

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Téléfériques vers Monserrate, Bogotá
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Vue sur Bogotá depuis le sommet de Monserrate

Le lendemain nous avons visité le Musée de l’or (museo del oro), dont la collection témoigne de l’importance des métaux précieux en Colombie, depuis la période préhispanique jusqu’à maintenant. D’autres musées intéressants à Bogotá valent la peine, dont le musée national de la Colombie ainsi que le Musée Botero (gratuit!) mettant en vedette les œuvres de Fernando Botero (véritable fierté nationale) et de d’autres artistes également.

Si votre emploi du temps vous le permet, une petite escapade vers Zipaquirá, à une heure de Bogotá, vous fera descendre dans les profondeurs d’une ancienne mine de sel, où vous aurez la chance de visiter une des rares cathédrales sous-terraines du monde!

Medellín

Après deux cours arrêts d’une journée chaque dans les villages coloniaux de Villa de Leyva et Barichara, nous avons mis le cap ver Medellín, qui (à ma grande surprise) fut un de mes coups de cœur du voyage! Je ne m’attendais pas à aimer ça tant que ça. Parce que je n’aime pas particulièrement les grandes villes et parce que Medellín en particulier n’a pas le patrimoine colonial de Bogotá ou de Carthagène. Anciennement le siège du cartel le plus puissant du pays, cette ville a été une des plus dévastée par les violences reliées au trafic de drogues en Colombie et elle est à présent empreinte d’un extraordinaire désir de se reconstruire. Le décor « Cordelière des Andesque » sur 360 degrés aussi est véritablement splendide.

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Téléfériques de Medellín

Encore une fois, notre visite a débuté par un free walking tour qui nous a beaucoup appris sur l’histoire incroyable de cette ville. Notre guide, originaire de Medellín, a pu témoigner de l’évolution de la Plaza de Cisneros dont je vous ai parlé dans mon article de la semaine dernière. Elle nous a raconté comment un attentat à la bombe à la Plaza San Antonio en 1995 avait détruit une statue de Botero représentant un oiseau et comment l’artiste décida d’installer une seconde statue, identique à la première (mais en bon état) à côté de l’ancienne en guise de symbole de résilience de la ville. L’œuvre s’intitule Pájaro de Paz, littéralement « oiseau de paix ». Nous avons aussi vu le Monumento Al Pueblo antioqueño (Monument au peuple d’Antioquia, département dont fait partie Medellín), le Palais de la culture Rafael Uribe Uribe à l’architecture de style Néo-gothique ainsi que la Plaza Botero avec ses 23 sculptures géantes. Décidément, si vous avez manqué le Musée Botero à Bogotá, vous pouvez vous reprendre ici, puisque l’artiste est originaire de Medellín.

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Une sculture de Botero devant le Palais de la culture Rafael Uribe Uribe

Le lendemain, nous sommes montés à bord des célèbres téléfériques direction Parque Arvi, réserve naturelle et site archéologique précolombien. Nous avons également visité le Musée de la Mémoire (Museo Casa de la memoria), excellent pour approfondir nos connaissances sur l’incroyable histoire de la ville. J’ai particulière apprécié l’exposition intitulée Medellín/es 70, 80, 90, relatant de l’évolution des violences durant ces trois décennies.

D’autres incontournables de la ville, que je n’ai malheureusement pas eu le temps de visiter, incluent la Comuna 13, anciennement le quartier le plus violent de la ville la plus violente au monde et aujourd’hui exemple du processus de transformation de Medellín, ainsi que le jardin botanique de Medellín, que vous pouvez visiter gratuitement.

Medellín est aussi un point de départ de plusieurs escapades d’un jour. Nous avons opté pour le mignon et coloré village de Guatapé où nous avons gravi le massif El Peñon donnant accès un très beau panorama (ou, comme les panneaux l’indiquent, « la plus belle vue du monde »).

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El peñon, Guatapé
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Vue en haut d’El Peñon

Nous avons aussi pu nous promener sur le terrain de La Manuela. Cette propriété, appartenant jadis à Pablo Escobar et nommée après sa fille, est actuellement utilisée comme emplacement de paintball, comme en témoigne la multitude de tâches de peinture et de graffitis. C’était vraiment spécial de visiter cet endroit qui est à la fois magnifique et hideux, où la décrépitude et la beauté naturelle se côtoient de façon insolite.

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La Manuela, ancien manoir de Pablo Escobar

Carthagène des Indes

Notre visite à Carthagène fût brève, expéditive même, la chaleur suffocante de la côte Caraïbes nous ayant poussés à écourter notre séjour dans cette magnifique ville. Une marche sur les remparts au coucher de soleil, une nuitée dans le quartier Getsemaní et un free walking tour (évidemment!) plus tard, nous étions déjà en route pour notre prochaine destination. Cela dit, si vous appréciez les températures tropicales, Carthagène est tellement belle qu’on pourrait s’y promener longtemps sans se lasser du décor: des bâtiments coloniaux parfaitement préservés ornementés de fleurs sur fond de mer de Caraïbes. Chaque coup d’œil nous dévoile des coins de la ville plus colorés les uns que les autres.

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Architecture coloniale à Carthagène
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Tour de garde des remparts, Carthagène
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Soirée sur les remparts à Carthagène

Le Castillo de San Felipe de Barajas est un des principaux attraits de la ville et avec raison, il s’agirait de la plus grande forteresse jamais construite par les Espagnols outre-mer, toute colonie confondue. Quand vous voudrez fuir un peu le soleil ardent, arrêtez-vous à la Plaza Bolívar pour profiter de l’ombre ou allez faire un tour au Palais de l’inquisition. Le vieux-Carthagène contraste énormément avec la nouvelle partie de la ville et ses nombreux gratte-ciels, séparée du centre historique par un petit tronçon de mer.

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Place Bolívar, Carthagène

Carthagène est évidemment très populaire pour son bord de mer, dont vous pouvez profiter à la playa blanca, idéalement en semaine pour éviter les foules. Les amateurs de sports nautiques pourront quant à eux mettre le cap vers l’archipel corallien Islas del rosario pour y pratiquer la plongée sous-marine ou en apnée. Une autre excursion très courue à partir de Carthagène consiste à grimper le volcan Totumo pour y prendre un bain de boue!

Santa Marta

Plus ancienne ville coloniale de toute l’Amérique du Sud, Santa Marta attire les touristes pour plusieurs raisons, dont sa proximité avec deux parcs nationaux colombiens d’envergure, soit le Parc National Naturel de Tayrona et la Sierra Nevada de Santa Marta. Dans les environs, on retrouve aussi les villages de Minca et de Palomino, tous deux particulièrement appréciés des backpackers. Personnellement, nous sommes allés à Santa Marta pour une raison bien précise: prendre part à un trek de quatre jours dans la jungle, à la recherche d’une cité perdue! La randonnée vers Ciudad Perdida était vraiment une expérience en soi et sera sujette à son propre article de blog qui paraitra prochainement.

Autres options:

Comme j’ai mentionné au début de l’article, la Colombie a vraiment beaucoup à offrir en termes de diversité, autant naturelle que culturelle. Que ce soit Cali, la capitale mondiale de la salsa (la danse là, pas la sauce), la ville de Salento dans la région cafetière, l’observation de mammifères marins sur la côte pacifique ou encore le désert de La Guajira, le point le plus au nord du continent sud-américain, beaucoup d’autres options s’offrent à vous dans la planification de votre itinéraire. Cependant, il est à noter que les trajets routiers en Colombie sont souvent beaucoup plus longs et ardus qu’ils n’en ont l’air sur une carte. Afin d’éviter de perdre du précieux temps de voyage, les vols internes sont parfois d’excellentes alternatives aux autobus interurbains, pour habituellement pas beaucoup plus cher. Pour notre part, nous avons pris l’avion à deux reprises à l’intérieur du pays, soit pour aller de Medellín à Carthagène et de Santa Marta à Bogotá, avant de prendre notre vol de retour vers Montréal avec nos bagages chargés de café et nos têtes remplies de souvenirs!

 

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