Notre fin de semaine annuelle à Sutton

Pierre Lalonde chantait « Roum dum dum wa la dou, c’est le temps des vacances! ». Personnellement, je dois patienter encore quelques semaines, mais pour beaucoup de Québécois, c’est actuellement la période des vacances estivales qui bat son plein. Si certains d’entre eux sont possiblement en voyage à l’étranger, d’autres ont plutôt choisi de rester dans la belle province, ce qui peut être tout aussi intéressant et mémorable. Aujourd’hui, j’élargie la définition de voyage pour englober tout séjour ailleurs que chez soi et vous parler de notre traditionnelle fin de semaine entre amis à Sutton.

À chaque année, depuis maintenant six ans, toute notre gang d’amis se réunis à Sutton le temps d’une fin de semaine. Nous sommes logés dans le magnifique chalet familial d’un d’entre nous et c’est l’occasion de passer du bon temps tous ensemble à relaxer, bien manger et de profiter d’une soirée autour du feu de camp. C’est rapidement devenu une tradition très chère pour moi et pour nous tous.

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Au fil des années, nous avons essayé toutes sortes d’activités, au chalet même ou aux alentours de Sutton: une partie de croquet endiablée, un affrontement amical de fusils à fléchettes, la visite d’une ferme d’alpagas, une baignade à la Marmite aux sorcières, et j’en passe. On ne s’ennuie jamais.

Mais pour quatre d’entre nous, il y a aussi (et surtout) la fameuse fois où nous sommes restés pris au IGA du village, à cause d’une panne de voiture. C’était en 2014. Alors que la fin de semaine tirait à sa fin, mon mari et moi ainsi que deux autres amies avions fortuitement émis le souhait de prolonger notre séjour d’une nuit. Puis, nous avons réalisé, tour à tour, que rien ne nous obligeait à quitter ce jour-là. Nos horaires respectifs nous permettaient de rester jusqu’au lendemain et ce, sans faillir à quelque obligation que ce soit. Il n’en fallait pas plus pour nous convaincre. Cependant, un ravitaillement alimentaire serait nécessaire puisque nous avions prévu seulement deux journées de provisions. Après le départ du reste de la gang (qui, eux, avaient des responsabilités qui les attendaient le lundi matin), nous nous sommes donc dirigés vers le supermarché pour y faire le plein de victuailles.

En sortant de l’épicerie, surprise, l’auto ne démarrait plus. Nous avions une vielle Ecco appartenant aux parents d’un ami et elle semblait avoir atteint l’âge de la retraite. Rapidement, nous nous sommes mis en mode solutions. Croyant initialement à une panne de batterie, nous avons d’abord quémandé de l’aide à d’autres clients afin de se faire booster. Puis, un monsieur d’un certain âge y est allé de son constat : « As-tu du criard? » « Euh, pardon? » « Si t’as du criard, c’est pas ta batterie! ». Après un court moment, qu’il nous a fallut pour comprendre que criard était un synonyme de klaxon, nous avons dû passer au plan B, car le problème s’avérait plus grave qu’on ne le croyait au départ.

Nous nous sommes ensuite séparés diverses tâches afin de remédier au problème. Mon amie Audrey a téléphoné à ses beaux-parents (les propriétaires du véhicule et du chalet), puis, à la compagnie d’assistance routière. De mon côté, j’appelais mon frère mécanicien pour tenter d’obtenir un diagnostic à distance (nous savions déjà que le problème n’était pas la batterie, grâce à la présence du fameux « criard »). Son hypothèse : il s’agissait probablement du démarreur. Quant à nos deux autres amis, ils avaient la tâche, non moins importante, de manger toute la crème glacée que nous venions d’acheter avant qu’elle ne fonde…

Dans l’attente de l’arrivée du remorqueur, un second problème nous est apparu : Comment allions-nous retourner au chalet? C’était trop loin pour marcher et semblerait que le taxi se fait plutôt rare à Sutton par un dimanche après-midi. Puis, éclair de génie, j’ai réalisé que je connaissais quelqu’un résidant à Sutton. Peut-être pourrait-elle nous aider? Je savais qu’elle travaille dans un restaurant italien alors, sans plus attendre, mon mari et moi sommes partis à pieds, à la quête d’un établissement de restauration d’inspiration italienne, dans l’espoir qu’elle s’y trouve et qu’elle détienne magiquement la solution à notre problème. Nous l’avons trouvé facilement (Downtown Sutton, c’est assez petit) et par chance, notre amie Charlotte était présente sur place. Elle nous a offert rien de moins que ses clés de voiture! En revenant au IGA, nous pensions être acclamés en héros.

Moi : « On a des clés d’auto! »

Audrey : « C’est tu une automatique? »

Moi : « Non, manuelle… tu conduis pas manuel? »

Audrey : « Non, toi? »

Moi : « Non plus… »

(Prendre note que les deux autres amis présents à ce moment n’ont toujours pas, à ce jour, de permis de conduire.)

Retour à la case départ. Qu’aurions-nous fait de la voiture une fois rendus au chalet? Et comment serions-nous retourner à Montréal par la suite? Notre plan ne prévoyait pas jusque-là.

Nous sommes donc retournés au restaurant pour remettre ses clés de voiture à Charlotte. Elle nous a alors dit d’appeler son chum, qui saurait surement nous aider. Elle ne pouvait pas le faire car elle travaillait, mais elle m’a donné le numéro de téléphone en me disant : « Tu le connais toi, Antoine ».

C’est vrai, je le connaissais, Antoine. Nous avions fait notre secondaire ensemble et nous ne nous étions jamais revu après notre graduation en 2007. Je rappelle que cette histoire se passe en 2014.

« Allo Antoine, c’est Daphné… Daphné Landry »

« Euh ouais, allo Daphné… Que me vaut l’honneur? Haha »

« Bin je suis à Sutton avec des amis pis là, notre auto a brisé au IGA. Fac je suis allée voir ta blonde au resto pis elle nous a offert de prendre son auto, mais on est juste deux conductrices et aucune de nous conduis manuel. Fac, c’est ça là, on a besoin d’aide pour retourner au chalet avec notre épicerie. »

« Ok bin j’emprunte l’auto de mon voisin et j’arrive! »

« Euh, pour vrai? Merci! »

C’est donc dans une voiture empruntée, conduite par un ancien collègue de classes, que nous avons pu regagner le confort de notre chalet adoré. Nous lui resterons à jamais reconnaissants pour ce geste de bonté. Lui et Charlotte. Et leur voisin bien sûr.

Ah et pour retourner à Montréal le lendemain, la belle-mère d’Audrey (propriétaire du chalet et de l’auto brisée) a dû faire un aller-retour à Sutton pour venir nous récupérer. Ça aussi, c’était plein de bonté.

Cette expérience semblait nous avoir rapprochés tous les quatre car sur le chemin du retour, l’idée de s’en aller chacun de notre côté nous semblait une manière trop quelconque de terminer cette fin de semaine particulière. Nous avons donc étiré encore un peu le week-end en allant souper au St-Hubert.

À chaque année, lorsque vient le temps d’aller faire l’épicerie pour notre traditionnelle fin de semaine au chalet, il y en a toujours un qui se remémore cette anecdote : « Hey tsé la fois qu’on était pognés dans le stationnement du IGA pis que la crème glacée fondait.»

Pendant vos vacances, pourquoi ne pas faire un tour dans une de nos belles régions du Québec? Je n’aurai qu’un conseil; optez pour une voiture fiable. Ou alors, ayez des bons amis.

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