Quoi faire en Belgique – Flandre

La semaine dernière, je vous ai parlé de Bruxelles en long et en large. Aujourd’hui, j’aborde la Flandre, c’est-à-dire la partie flamande de la Belgique, au nord du pays, où j’ai passé l’autre moitié de mon voyage. Je me suis promené entre les villes d’Anvers (Antwerpen), Bruges (Brugge) et Gand (Gent), allant d’un free walking tour à l’autre et à la rencontre de gens de la place et d’ailleurs, au hasard de mes déplacements. J’ai été à même de constater à la fois les points communs qui unies ces trois villes et l’éternelle rivalité qui les divise. Voici donc, sans plus tarder, quoi mettre au programme si vous visitez cette région.

Anvers (Antwerpen)

Si vous arrivez en train, comme c’était mon cas, prenez le temps d’admirer la magnifique gare d’Anvers. Elle nous y accueille de belle façon. Tant qu’à être dans le coin, vous n’aurez que quelques pas à faire pour vous retrouver à l’une des principales attractions touristiques de la ville, c’est-à-dire, le Zoo d’Anvers. Vieux de 150 ans, c’est un des plus anciens zoos au monde!

En poursuivant mon chemin sur la Meir, grande artère marchande menant au centre de la ville, je me suis assurée de faire un arrêt à la chocolaterie The Chocolate Line, considérée comme une des meilleures marques de chocolat belge et qui a l’avantage d’être située dans un palais. Le palais du Meir (paleis op de meir) servait de pied-à-terre à nul autre que Napoléon lorsqu’il était de passage dans la ville, au début des années 1800. Un peu plus loin sur la même rue, une énigmatique statue d’une main géante attire inévitablement l’attention des touristes, nombreux à s’y installer pour se prendre en photo. Il faudra atteindre le Grote Markt pour connaître le début de l’histoire…

À l’embouchure de la Meir (oui, le jeu de mot entre « meir » et « mer » est intentionnel), on retrouve la Groenplaats. À mon arrivée sur cette « place verte » (même si elle n’a pas grand-chose de particulièrement vert), des installations temporaires avaient été érigées à l’occasion du Tour of Flanders, un évènement cycliste d’envergure qui a lieu dans la région au printemps de chaque année.

Puis, de biais avec la Groenplaats se trouve la Grote Markt, non sans rappeler la Grand Place de Bruxelles avec ses bâtiments ancestraux des différentes guildes ornées de statues dorées. On y retrouve également l’hôtel de ville de style renaissance et une fontaine au centre. Celle-ci représente un homme, en train de lancer la main coupée d’un géant. La légende veut qu’un colosse tyrannisait jadis les habitants de la ville et l’homme en question, dénommé Brabo, les a délivré de cette oppression. On dit même que le nom de la ville dérive de cette histoire, Ant voulant dire main et werpen, signifiant lancée. C’est donc la main de ce méchant géant qui se retrouve sur la rue Meir. Cette main coupée est aujourd’hui un symbole de la ville et elle se dérive en plusieurs produits touristiques, comme des chocolats en forme de mains… Bin coudonc!

Un autre attrait majeur d’Anvers est la Cathédrale Notre-Dame (Onze-Lieve-Vrouwekathedraal). À première vue, vous remarquerez peut-être quelque chose qui cloche avec le bâtiment. Et avec raison, la construction, qui a duré plus de 150 ans, n’a jamais été achevée. Il en résulte une cathédrale avec une tour beaucoup plus haute que l’autre. Néanmoins, les citoyens l’apprécient telle qu’elle est et n’en sont pas moins fiers pour autant.

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Cathédrale Notre-Dame d’Anvers – Belgique

Pour ajouter à l’ironie, tout juste devant la cathédrale se trouve une statue d’un petit garçon et de son chien, dont le style très « cartoonesque » a de quoi surprendre en comparaison avec l’architecture gothique. Il s’agit de Nello et Patrasche, personnages tirés du livre A dog from Flanders écrit par Marie Louise de la Ramée en 1872. L’histoire raconte le destin tragique d’un petit garçon flamand, passionné de dessin, qui rêve d’aller à la cathédrale pour y voir les toiles L’érection de la Croix et la Descente de la Croix du célèbre peintre Pierre Paul Rubens. Le livre a été très populaire en Asie et a même été adapté en films d’animation au Japon. Depuis, Anvers est devenue une destination prisée des touristes japonais qui viennent suivre les traces de leurs héros d’enfance.

Si, comme Nello, vous vous intéressez à l’œuvre de Rubens et souhaitez plonger plus en profondeur dans son univers, direction Rubenshuis, où le peindre a habité et travaillé à partir de 1611. Plusieurs de ses œuvres y sont exposés et vous pouvez également visiter la cour intérieure.

Parmi les autres attraits du vieux Anvers, il y a entre autres la ruelle du 16e siècle qui vaut le détour et le château Steen situé sur le bord de l’eau avec sa statue de Lange Wapper, un autre légendaire géant qui martyrisait les habitants de la ville. Décidément, Anvers a eu son lot de créatures géantes et cruelles par le passé!

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Château d’Anvers – Belgique

Puis, en sortant un peu du centre historique, une visite au Museum aan de Stroom (littéralement « Musée sur le ruisseau »), ou plus simplement MAS, s’impose. On y retrouve des collections variées allant de l’histoire maritime de la ville (Anvers a déjà été le plus grand port au monde) à l’art précolombien. Si vous voulez sauver le coût du billet d’entrée, faites comme moi et visiter seulement l’étage 2. C’est un entrepôt ouvert au public de pièces éclectiques, en attente d’être exposées à leur tour. Ne manquez pas de vous rendre au sommet de l’édifice pour apprécier la vue panoramique sur la ville et le port. Tout près du MAS se trouve un autre musée d’intérêt à Anvers. Le Red Star Line museum retrace le parcours des émigrants qui ont traversé l’océan à bord du navire du même nom, à partir de 1871. Des billets pour les deux musées combinés sont offerts à prix réduit.

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MAS d’Anvers – Belgique

Il est également possible de traverser le fleuve Escaut (appelé Schelde en flamand) pour voir Anvers d’un angle différent. Pour ce faire, deux options intéressantes sont offertes. Ça tombe bien parce qu’il faut le traverser deux fois. À l’aller, j’ai opté pour emprunter le tunnel Sainte-Anne. Construit en 1931, (comme en témoigne l’escalier mécanique…en bois!), ce tunnel sous-marin d’environ un demi-kilomètre est réservé aux piétons et aux cyclistes. Pour le retour, j’ai monté à bord du traversier qui relie les deux côtés du cours d’eau fréquemment et gratuitement.

Enfin, Anvers diffère des deux autres villes de la région que j’ai visitée en ce sens qu’elle n’a plus de canaux qui la sillonne, du moins pas en surface, comme c’était le cas au Moyen Âge. L’eau s’écoule désormais sous la ville à travers des canaux souterrains appelés De Ruien, réseau qu’il est possible de visiter.

Bruges (Brugge)

Un trajet en train d’à peine une heure et demie sépare Bruges d’Anvers. Je dois admettre que j’avais certaines appréhensions quant à cette ville que la réputation précède. Bruges est une ville très touristique et j’ai pour mon dire que le touriste est le pire ennemi du voyageur. Parce que qui dit touristes de masse, dit attrapes-touristes, restaurants trop chers, vendeurs de cochonneries et une expérience généralement peu authentique et décevante. Par contre, Bruges m’a agréablement surprise. C’est une petite ville à l’atmosphère agréable où il fait bon se promener sans but précis. Je suis contente d’être allée sur place pour pouvoir juger par moi-même. Comme on dit l’habit ne fait pas le moine, ou dans ce cas-ci, la réputation ne fait pas la ville. Il faut dire que je l’ai visité hors de la saison touristique, peut-être que mon opinion aurait différer en plein mois de juillet…

Qu’est-ce ce qui attire tant de gens à Bruges donc? Évidemment, les canaux. Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle la « Venise du Nord ». Alors que bien des villes au Moyen Âge construisaient des murs pour se défendre des envahisseurs, Bruges a plutôt opté pour entourer la ville d’un canal circulaire. Plus tard, lorsque la population était rendue trop grande, un deuxième canal a été creusé pour permettre à la ville de s’étendre. Il est possible de faire un tour de bateau afin d’explorer plus amplement ces canaux. Si vous souhaitez rester sur la terre ferme, vous apprécierez tout de même l’aspect romantique qu’ils confèrent à la ville.

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Tout comme Anvers, Bruges dispose de deux places majeures situées en plein cœur de la ville. Il y a d’abord la Grand Place (Martk), dominé par l’imposant Beffroi (Belfort), tour médiévale classée au Patrimoine mondial de l’Unesco, du haut de laquelle on peut avoir une vue sur la ville, si on est prêts à se lever de bon heure. On y retrouve également la statue de Jan Breydel et Pieter de Coninck, deux héros de la ville qui ont mené ce qu’on appelle « les matins de Bruges », une révolte contre Philippe le Bel, roi de France, qui a eu lieu en 1302. Toujours sur cette place du marché, dans un bâtiment néo-gothique, se situe l’Historium, qui propose une reconstitution historique, plus ou moins romancée, de l’an 1435, l’âge d’or de Bruges, via une expérience multimédia.

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Beffroi de Bruges – Belgique
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Statue de Jan Breydel et Pieter de Coninck à Bruges – Belgique

Adjacent à la place du marché se trouve le Burg, avec l’hôtel de ville et la Basilique du Saint-Sang (Heilig Bloedbasiliek), qui tient son nom d’une relique rapportée lors des Croisades qui contiendrait rien de moins que le sang de Jésus Christ, versé pour vous. Il va sans dire que cette fiole attire la venue de nombreux fidèles.

Parlant de fidèles, le Bégouinage (Begijnhof) de Bruges a été fondé au 13e siècle par un groupe de femmes célibataires, dévouée à leur foi religieuse. Aucun homme n’y était admis entre 18h30 et 6h30, comme c’est encore le cas de nos jours. Il m’a été vanté comme le plus bel endroit de la ville pour ce moment précis de l’année, soit la période de floraison des jonquilles. Le Béguinage sert aujourd’hui de monastère bénédictin et est classé au Patrimoine mondial de l’Unesco.

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Jonquilles en fleurs dans la cour intérieure du Béguinage de Bruges – Belgique

Pour les amateurs de musées et de gastronomie, Bruges offre un deux pour un avec Choco-Story, le Musée du chocolat, où on explique l’origine du cacao et l’histoire du chocolat belge, en plus d’offrir des ateliers de fabrication de chocolat. Également au menu à Bruges, le Frietmuseum, eh oui, le Musée de la frite. Parce qu’en Belgique, les frites, c’est sérieux! D’ailleurs, conseil d’amie, vaut mieux éviter de mentionner « french » fries devant un Belge. Les deux musées offrent des billets combinés.

Gand (Gent)

En quittant Bruges, je me suis fait un devoir d’aller à Gand pour vérifier si tout ce qu’on entend à son propos était véritable. C’est que les citoyens des deux villes exècrent farouchement la ville voisine depuis des siècles, littéralement. De toute façon, seulement quelques minutes de train ne les séparent et Gand se trouve sur le chemin vers Bruxelles où je me rendais pour prendre mon vol de retour, donc aussi bien s’y arrêter en passant.

Tout comme Bruges, un réseau de canaux parcourt la ville de Gand. Cette dernière est cependant moins touristique que Bruges et démontre un côté plus dynamique en raison de la présence de deux universités majeures sur place. Gand clame d’être plus authentique que Bruges. Ce à quoi Bruges réplique que Gand est seulement jalouse de sa popularité. Vous voyez le portrait.

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Vue sur la ville de Gand – Belgique

Personnellement, c’est à Gand que j’ai choisi de faire mon tour de bateau afin d’adopter un autre point de vue sur la ville et sur son château-fort. Le château des comtes de Flandre (Gravensteen en Flamand), construit au 12e siècle a été inspiré des châteaux des Croisades. À l’intérieur, vous pouvez visiter le musée de la justice et celui des armes.

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Le château des comtes de Flandre à Gand – Belgique

La Cathédrale St-Bavon (Sint-Baafskathedraal), située au cœur de la ville, en plus de posséder un fort joli nom (merci de dénoter du sarcasme ici), détient une œuvre célère. Il est en effet possible d’y admirer 23 des 24 tableaux peints par les frères Van Eyck qui composent l’Adoration de l’Agneau Mystique, datant de 1432. Le polyptique n’est demeuré complet qu’à peine deux ans car un des panneaux, appelé Les Juges intègres, a été volé en 1934 et n’a jamais été retrouvé depuis. Si jamais vous l’apercevez quelque part, traînant dans un cabanon ou bien un grenier de chalet, merci d’en aviser les autorités belges. Sachez qu’il répond également au nom de De rechtvaardige rechters.

En sortant de la Cathédrale, vous appercevrez le Beffroi de Gand droit devant, surmonté d’un dragon doré, que j’ai surnommé « le dragon de la discorde ». Je vous explique pourquoi. En visitant Bruges, j’ai appris qu’il y avait, anciennement, un dragon tout en haut d’un monument de la ville qui a depuis été détruit, mais que le dragon en question a été volé par la ville de Gand, où il se trouve toujours. À la fin de l’histoire, le conteur a pris soin de nous demander: « If you go to Ghent, please tell them to bring back our beloved dragon! ». Puis, une fois arrivée à Gand, on m’a raconté sensiblement la même histoire, mais en ajoutant comme précision que le dragon était initialement à Gand et que ce sont en fait les gens de Bruges qui l’ont volé. Gand ne faisait alors que reprendre ce qui était déjà sienne. La dame qui racontait la légende a conclut en disant : « If you go to Bruges, and they tell you that the dragon is theirs, just ask them one question : “Where is the dragon now?”». Qui dit vrai donc? Mystère. Quoi qu’il en soit le dragon doré est aujourd’hui un emblème de la ville de Gand et a même inspiré le nom de la bière Gulden Draak, brassée non loin de là.

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Dragon doré en haut du Beffroi de Gand – Belgique

Parmi les autres attraits de Gand, citons l’Église Saint-Nicolas (Sint-Niklaaskerk) qui est un des plus vieux édifices de la ville et qui, avec le Beffroi et la Cathédrale, contribue à l’allure très médiévale de Gand. Pour expérimenter le côté dynamique et coloré de Gand, rien de mieux qu’une balade le long de la Graffiti street. J’en ai d’ailleurs fait une petite vidéo que j’ai publiée sur ma page facebook, question de vous montrer un peu de quoi ça a l’air. Oh et si vous vous questionnez sur le bâtiment très moderne qui détonne dans le centre historique de la ville, c’est la halle municipale (Stadshal) où se tiennent des concerts de rue. Il a été construit en 2012 et sème activement la controverse depuis. Bien que la ville la qualifie de « petite merveille architecturale », les citoyens, eux, la surnomment « La grande à moutons »!

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Église Saint-Nicolas, le Beffroi de Gand et plus loin la Cathédrale St-Bavon – Belgique

En terminant, malgré qu’Anvers, Bruges et Gand ne soient qu’à quelques dizaines de kilomètres de Bruxelles, on a presque l’impression de se trouver dans un autre pays tellement il existe de différences culturelles entre ces deux régions. Impossible pour moi de ne pas faire de parallèle avec le Québec et le Rest of Canada. C’est une des raisons pour lesquelles mon « Quoi faire en Belgique » a été séparé en deux volets différents. Sur ce, je m’auto high-five pour avoir réussi à rédigé en catastrophe cet article, car j’ai été malade une bonne partie de la semaine. Cela dit, c’est toujours un plaisir de replonger au cœur de mes voyages de cette façon et pouvoir le partager avec vous.

 

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