Mon premier voyage à l’international (avec un coup d’état comme trame de fond)

Aujourd’hui, j’ai envie de revenir aux sources en vous parlant de mon premier voyage à vie. C’était en avril 2005. Je suis partie deux semaines en Équateur avec une soixantaine d’autres jeunes de mon école secondaire. Bon, c’est vrai que j’avais visité la ville de New York pendant trois jours l’année précédente, mais c’était à l’époque où il n’était pas nécessaire d’avoir de passeport pour traverser la frontière alors ça ne compte pas vraiment. Retour sur ces quatorze jours qui ont changé ma vie.

Ce voyage parascolaire avait deux objectifs académiques précis. Après deux ans de cours d’espagnol langue seconde (ou plutôt langue tierce), c’était l’occasion de faire une immersion linguistique afin de mettre en pratique les notions apprises en classe. Notre séjour là-bas avait également comme but de faire de l’aide humanitaire auprès d’une école primaire et d’un organisme venant en aide aux enfants de la rue. Un premier voyage à l’international, une langue étrangère et une destination épargnée du tourisme de masse, le projet était déjà dépaysant à la base. Mais voilà qu’un évènement politique est venu rajouter une couche d’instabilité à notre voyage.

Suite à une révolte populaire, le président qui était en place au début de notre voyage a été destitué par le congrès équatorien et son remplaçant est entré en poste le dernier jour de notre voyage. En relisant mon journal de bord de l’époque, je réalise que cela n’avait pas l’air de m’inquiéter plus qu’il faut. En date du 20 avril, soit deux jours avant notre date prévue de retour au Canada, j’ai écrit ceci: «…étant donné qu’il y a eu un coup d’état et que le président a été renversé, les aéroports sont bloqués et on ne sait pas quand ils vont être débloqués. Si ça ne s’arrange pas, on est inscrits à l’ambassade alors on sera évacués du pays, mais cela pourrait prendre de 2 à 3 jours. Pour le moment, on suit l’horaire normal».

En effet, malgré nos occupations bénévoles, nous avons eu le temps de visiter certains attraits culturels de l’Équateur et la crise politique en cours ne nous a pas empêchés de respecter notre itinéraire prévu. Nous avons partagé notre temps entre les villes de Guayaquil et Quito, en s’arrêtant quelque peu en chemin. Guayaquil est la plus grande ville du pays. Nous avons notamment visité son parc aux iguanes et gravi les 444 marches qui mènent au phare en haut de la colline Santa Ana. La montée traverse des habitations et commerces multicolores et permet de profiter d’une vue panoramique au sommet.

santa ana
Vue depuis le phare de Santa Ana

Quito est, quant à elle, la deuxième capitale la plus haute du monde (après La Paz en Bolovie). Nous avons, entre autres, marché dans les rues de son centre historique nommé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, visité la place Santo Domingo avec sa statue en l’honneur du Colonel Sucre et observé le palais présidentiel, hautement gardé étant donné les circonstances particulières.

Palais présidentiel
Le palais présidentiel à Quito

Parmi nos autres arrêts, mentionnons les ascensions des volcans Cotopaxi et Fuya Fuya (quoique, dans mon cas, les termes « tentative infructueuse d’ascension » du Cotopaxi et « pas de tentative pantoute » du Fuya Fuya seraient plus justes), une randonnée de plusieurs heures autour du lac Cuicocha, un séjour dans la communauté indigène de Chilcapamba, une halte à la Mitad del Mundo (là où les deux hémisphères se rencontrent à la latitude 0.00) ainsi qu’une séance de magasinage au marché d’artisans de la ville d’Otavalo. Quant à la principale attraction du pays, les îles Galapagos, ce sera pour une prochaine fois!

Mitad
Un pied dans chaque hémisphère

Ce voyage m’a permis de voir les multiples facettes de l’Équateur; visiter ses villes-musées qui semblent figées à l’époque coloniale, admirer ses paysages « cordillière-des-Andesques », côtoyer le peuple chaleureux de l’Amérique latine. J’ai fait plusieurs autres voyages par la suite, découvert beaucoup d’autres pays magnifiques, mais mon voyage en Équateur demeure spécial à mes yeux. Il a un statut particulier, un peu comme un premier amour. Parce qu’en plus de tout cela, ce premier voyage m’a changé. Il m’a rendu voyageuse.

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