Comment survivre pendant le voyage d’un être cher

Cela fait maintenant quelques mois que je vous raconte toutes sortes de récits de voyage et d’anecdotes vécues à l’étranger. Vous devez commencer à vous en rendre compte; je suis une nomade. Je saisis chaque occasion qui s’offre à moi d’aller explorer une nouvelle destination. Bref, j’ai la bougeotte. Eh bien, je ne suis pas la seule à pratiquer le dépaysement volontaire chez nous. Il s’avère que j’ai marié quelqu’un avec la même dépendance que moi! Comme on dit, qui se ressemble s’assemble.

Pour vous dresser le portrait, chez nous, les sacs de voyage ne sont jamais totalement défaits, les passeports doivent être valides en tout temps, lui comme moi sommes toujours prêts à partir. Ensemble ou chacun de notre côté. Cependant, l’option de voyager sans son partenaire de vie occasionne une séparation involontaire, qui peut être plus ou moins pénible à vivre, selon la durée et le contexte. Puisque, malgré les nombreux avancements technologiques récents, les lois de la physique ne permettent pas encore d’être à deux endroits différents en même temps. Inévitablement, le voyage et l’absence sont les deux côtés d’une même médaille.

Aujourd’hui, je vous dévoile une autre facette de moi et je vous parle (ou plutôt, je vous écris) non pas du point de vue de celle qui voyage, mais bien de celle qui subit le voyage d’autrui. Depuis peu, les déplacements liés au travail se sont rajoutés aux voyages de plaisance à l’agenda de mon mari. Je suis d’ailleurs actuellement au célibat forcé pour quelques mois, boulot oblige. Ça me rappelle notre toute première séparation dû à un voyage d’un mois et demi en France qu’il a fait avec ses amis. C’était à l’été 2008, alors que nous n’étions encore qu’un jeune couple. Heureusement, nous avions prévu le coup en me préparant un kit de survie pour me permettre de passer à travers ces quarante-cinq interminables jours.

D’abord, de mon côté, j’avais sorti mes meilleures skills de bricolage pour réaliser une carte détaillée de son itinéraire, sur laquelle je promenais une photo de mon bien-aimé au fur et à mesure de son avancement sur le territoire français. Une façon d’imager le ratio de temps écoulé versus temps restant avant nos retrouvailles tant attendues.

Bien sûr, se tenir occupé est aussi une bonne façon d’avoir l’impression que les journées et les semaines passent plus rapidement, c’est donc ce que j’ai fait. Rendez-vous ici, sortie là, je menais divers projets de front à la fois, en plus de mon travail, question de ne pas sombrer dans l’ennui.

Pour sa part et tel Gerry dans le film P.S. Je t’aime (mais vivant), il m’avait concocté une boîte à surprises avec plusieurs portes postdatées à ouvrir pendant son absence. Un genre de calendrier de l’Avent menant à la fin de son voyage. Chacun de ces compartiments contenait une petite attention accompagnée d’un mot. Ainsi, je savais qu’un petit cadeau personnalisé m’attendait aux 7 juin, 19 juin, 27 juin et 7 juillet (cette dernière étant la date de notre premier anniversaire de couple). Par exemple, derrière une des portes se cachait une adresse. En me rendant à l’endroit en question, j’ai découvert que c’était un fleuriste où un bouquet avait été préparé à mon intention. J’avoue qu’il s’était vraiment forcé.

Ça, c’était en plus des cartes postales qu’il m’a fait parvenir depuis les différentes étapes de son parcours, des courriels échangés et des appels téléphoniques aux petites heures du matin dans son cas, sept heures plus tard dans les Europes.

Presque dix ans ont passé depuis et malgré les nombreux autres voyages que mon mari a fait avec ses amis entre temps, ce long séjour en France est comme une légende dans notre gang. Ceux qui y étaient en parlent encore et les autres se demandent s’ils vont en revenir un jour!

À travers les années qui ont suivi, j’ai développé une certaine accoutumance à ses départs aux quatre coins du monde. Comprenez-moi bien, je ne suis pas en train de dire que ses absences me laissent à présent indifférente, mais étant moi-même voyageuse, je comprends totalement ce qui le pousse à « aller voir ailleurs » (au sens littéraire). Impossible de lui en vouloir alors que je sais pertinemment que je ferais exactement la même chose, si l’occasion se présentait à moi. La seule pensée qu’il soit en train de vivre des moments inoubliables quelque part sur cette planète me suffit pour patienter jusqu’à son retour, où j’aurai le plaisir de l’entendre me raconter son périple en long et en large. Je sais qu’il en reviendra une version amélioré de lui-même, encore plus heureux et comblé, comme ça a été le cas quand je suis partie en voyage de mon côté, en le laissant derrière.

Je m’inspire à l’occasion de sa boîte à surprise d’antan pour lui retourner la faveur, en lui glissant par exemple des petits mots ou encore de notes humoristiques dans son guide de voyage, afin d’en ponctuer son séjour. Mais mon masterpiece demeure la fois où je lui avais fait parvenir un œuf de Pâques Laura Secord au beurre de peanut par l’entremise de son compagnon de voyage, alors qu’ils passaient le congé pascal en Roumanie. Ce coup m’avait même valu le titre de best wife ever selon le principal intéressé.

Sur ce, je retourne compter les dodos avant son retour!

Juno Beach

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